De superbes photos, des prises de vue détaillées, des offres alléchantes : nous avons rarement été aussi captivés en surfant sur Internet – et c’est avec grand plaisir que nous vous présentons Bahman Cars à Genève, le parc d’occasions quelque peu différent des autres…

 

 

 

Bien cliqué, mieux acheté !

 

 

 

Vous connaissez sans doute déjà ça…  à la recherche d’une Young- ou Oldtimer sur Internet, vous tombez sur un site plus ou moins douteux. L’objet de vos désirs n’est pas très bien représenté visuellement et … en réalité d’une qualité bien moindre qu’on avait bien voulu vous le décrire sur Internet.

 

Même les très grands garages avec une quantité de véhicules à n’en plus finir vous présentent un stock quelconque avec des images microscopiques sur lesquelles ont ne distingue rien, même à la loupe !

 

Et souvent, après coup, la situation suivante risque de se présenter : Le vendeur A indique à la personne intéressée B son adresse C. B se rend alors à C en entamant parfois des déplacements considérables pour voir l’objet convoité… pour constater finalement que le vendeur ne peut pas différencier un état 2 d’un état 5. Il ne lui reste plus qu’à rentrer à la maison bredouille.

 

Notre rédacteur M. Schmutz en a fait l’expérience. Il lui est arrivé de se déplacer en Allemagne de l’Est pour voir une Wolga M24. Mais comme vous le devinez, il est rentré sans la petite Russe. Il arrive quand même que M. Schmutz ait de la chance. Par un beau jour du printemps passé, il était en train de surfer sur le Net lorsqu’il est tombé sur un site qui l’a laissé bouche bée. « Viens voir ! Il faut que je te montre ça ! » s’écriait-il. À notre grande surprise, il avait découvert un site Internet pas comme les autres... nombreuses photos de très grande taille, d’une netteté inhabituelle et d’une qualité de calendrier. Le tout est accompagné d’une description détaillée du véhicule qui ne laisse aucun doute sur la qualité de l’engin. Un peu de rouille sous le passage de roue arrière gauche? Pas de problème, ce serait clairement visible. Mais rarement ici, car tous les véhicules ici sont dans un état 2 au moins.

 

 

Les photos du site de Bahman Cars ont une qualité de calendrier

 

 

 

Tel père, tel fils

 

 

 

Pas de doute, sur www.bahmancars.ch on a  affaire à un vrai professionnel. Bahman Azimzadeh est arrivé en 1984 en Suisse. Cet iranien d’origine travaille dans l’automobile depuis une trentaine d’années. En 2003, il lance son nouveau parc d’occasions à Plan-les-Ouates, Genève. « La vente d’occasion est une affaire plus rentable » dit-t-il. Environ une centaine de voitures de classe moyenne et supérieure se trouvent en permanence sur son parc. Des marques prestigieuses comme  BMW en passant par Jaguar, Mercedes jusqu’à VW sont en permanence disponibles. La sélection est très variée. Avec un roulement d’environ 3oo véhicules vendus par année, le parc est sans cesse renouvelé. « Les voitures les plus demandées sont les versions sportives; les voitures fades restent plus longtemps. C’est pour cette raison que nous en avons que peu chez nous » déclare le commerçant.

 

La cerise sur le gâteau reste cependant les voitures anciennes et d’amateur. M. Azimzadeh s’est spécialisé dans les véhicules des années 70 et 80. « Ces voitures ont un certain succès, elles sont relativement récentes et fiables ».

 

C’est exactement cette combinaison très professionnelle d’un site online hyper développé d’une part et d’un parc d’occasion varié et de qualité d’autre part, qui est la raison de notre déplacement au bord lu lac Léman.

 

Chez Bahman, tout le monde trouve chaussure à son pied. Nous avons notamment remarqué une Opel Bitter SC rouge de 1982 de première main, une Porsche 968 Cabrio de 1994, ou encore cette Simca Bagheera X de 1979. Toutes ces voitures se trouvent dans d’excellents états.

 

« Nous avons une certaine réputation sur le marché et on nous appelle: nous payons mieux la qualité. Une grande partie des véhicules proviennent hors du canton. En effet, les voitures genevoises sont moins soignées. Nous achetons uniquement des voitures de qualité avec un carnet de service, suivi et historique complets, sans besoin de travaux de remise en état, car le temps pour une éventuelle restauration nous manque » nous dit Alex, le fils de Bahman. Après ses études à l’Ecole Polytechnique de Lausanne, Alex a rejoint son père dans l’entreprise. « C’est plus stimulant », nous confie-t-il.

 

C’était lui qui avait pris l’initiative de créer lors des débuts le Site Internet avec ces fameuses photos. « Une partie de notre clientèle est de provenance étrangère. Il est essentiel que nos clients puissent se rassurer visuellement sur le Net de la bonne qualité de l’objet convoité, avant de faire un long voyage ».  Bravo ! Enfin quelqu’un qui a bien compris le sens du terme World Wide Web.

 

« Alex prend la voiture, disparaît pour un moment et revient avec des superbes photos » remarque son père, non sans fierté.

 

Bureau simple : Bahman Azimzadeh au sein de son entreprise

 

 

 

Essai improvisé

 

 

 

Puisque nous sommes sur place, mon collègue Schmutz et moi sommes tentés de faire un essai avec deux classiques. Pour moi, ça sera une Alfa Montreal de 1972, restaurée. Mon collègue Schmutz a choisi une Triumph GT6 MK3 de la même année. Pas de problème, tout est ici prêt à partir et effectivement, elles démarrent au quart de tour.

 

Venir voir et ne pas repartir les mains vides

 

Si vous êtes intéressé par une « Auto – Bahman » vous devez réagir rapidement. « Nos véhicules restent en moyenne entre trois et quatre mois mais la plupart du temps elles ne restent que quelques jours » nous confie le patron. De temps à autre il en garde une pour lui, mais il s’en sépare quelque temps après. « La Maserati Mexico 4.2 litres V8 de 1970 avec ses 15'000 km d’origine, je la regrette vraiment. Je n’aurai jamais dû la vendre » Son fils Alex, lui s’intéresse aux Lotus et roule entre autres avec une Esprit Turbo 1980.

 

Lors de leurs achats il arrive que les Azimzadeh fassent des choix originaux. « Il y des modèles qui ne partent pas aussi rapidement que nous le pensions ou l’aurions souhaité. Dans ces cas nous sommes obligés de revoir les prix vers le bas. Heureusement ça nous arrive pas trop souvent » nous raconte le fils.

 

Un véhicule de chez Bahman n’est pas forcément bon marché. Mais vu l’excellent état des véhicules et la qualité proposée, le jeu en vaut la chandelle. Le risque de tomber sur une mauvaise affaire tend vers zéro. En ce qui concerne l’entretien après l’achat c’est l’affaire de l’acquéreur. Un service de garage au sens propre n’est pas proposé.

 

Une visite chez Bahman vaut cependant toujours la peine et nous ne pouvons que vous recommander de faire un petit tour à Genève.

 

A tous les autres marchands d’occasion nous conseillons vivement de revoir leur copie en particulier de la présentation de leur site Internet.

 

Il presse la pédale de droite... Alex, le fils, au volant de la Montreal

 

 

 

 Le garage Bahman Cars à Plan-les-Ouates, situé exactement en face de Lamborghini Affolter

 

 

 

Alfa Montreal

 

 

 

Fraîchement restaurée et bien photogénique : Alfa Romeo Montreal de 1972

 

 

 

Vrooooom alors là, quelle musique ! Notre Alfa  démarre au quart de tour. Après 36 ans de bons et loyaux services le moteur tourne comme une horloge. Il faut de la poigne pour fermer les portières: tous les joints d’étanchéité sont neufs. C’est également le cas de la peinture. L’Arancio Metallizzato 602 n’est manifestement pas giclé par un novice, c’est du travail de professionnel compétant. Pas question de rouille ici, nous sommes en face d’un très bel exemplaire, son prix est d’environ Fr. 40.000.-

 

Sans le moindre doute, cette Alfa les vaut. Même si les perfectionnistes trouveraient peut-être un petit détail à fignoler : le couvercle de la boîte à fusible, qui ne voulait pas rester fermé lors de notre essai. Le mécanisme des vitres électriques lent accuse son âge. Bien sur, il y a encore quelques finitions pour que notre italienne racée se trouve dans un état 1A. Mais c’est une voiture classique pour tous les jours avec la garantie de ne pas passer inaperçu ! Elle a été construite à environ 3900 exemplaires entre 1970 et 1977.

 

Une garantie que les survivantes ne se dévalorisent pas. Initialement la Montreal a été dessinée par Marcello Gandini, alors chez Bertone, pour être présentée à l’exposition mondiale de 1967 dans la métropole canadienne. Il était d’ailleurs prévu initialement de la doter d’un moteur central, les ouies latérales des montants arrière en témoignant encore. Pour la commercialisation cependant, elle a hérité d’un compact V8 de 2,6 litres monté à l’avant, de quatre arbres à came et une injection mécanique amplement suffisants pour l’engin.

 

Du haut de ses 1,21 m et ses 200 chevaux bien nourris, la voiture réagit promptement à chaque sollicitation de la pédale de droite, la symphonie arrivant à partir de 4000 tours. La direction sans assistance vous économise un abonnement de fitness, l’embrayage et les freins se chargent de vos mollets... La boite à vitesse est agréable à manier, la voiture tient parfaitement le cap et bénéficie d’un freinage équilibré. Le compartiment moteur est comme neuf, on pourrait manger dedans ! A l’image de l’intérieur, complet, avec son lecteur radiocassette d’origine, on dispose même de la climatisation.

 

C’est clair, les GTI actuelles sont certainement supérieures au niveau de la performance pure, mais question style, cette Alfa a charme fou !

 

Cool : Pfannmüller aime l'Alfa !

 

 

 

Comme neuf : Le V8 de la Montreal

 

 

 

De nouveau à bord d’une GT6 … !

 

 

 

Aussitôt dit, aussitôt fait : la Triumph GT6 prête pour l'essai

 

 

 

Il n’y a peut être pas autant de Triumph Spitfire en Suisse que de grains de sable sur la plage, mais tout de même, on pourrait en acheter une sur le champ parmi l’offre importante pour le modèle. Par contre, pour trouver une GT6 du même constructeur, il faudrait parcourir la Suisse en large et en travers… ou se rendre à Genève, chez Bahman.

 

La Triumph GT6, surnommée à l’époque « Jaguar Type-E du pauvre », n’est rien d’autre qu’une Spitfire avec un toit en dur, un pratique hayon et un délicieux moteur 6 cylindres en ligne de 2.0 litres… qui fait complètement oublier que nous ne pouvons pas rouler cheveux au vent. L’auteur de ces lignes avait lui-même une GT6 il y a quelques années de cela., avant de l’abandonner pour d’autres projets.

 

C’est un modèle identique qui est mis à disposition par Bahman pour une balade d’essai, loin de la circulation urbaine. Le hayon tient seul par ses vérins sans aide extérieure, bon signe… on se glisse au volant pour se sentir un peu chez soi, avec un air de déjà vu. Il y a autant de clés que de serrures sur la voiture, c'est-à-dire environ cinq ! Le 6 cylindres s’éveille au quart de tour, à peine après avoir touché la clé… ou pas ! Un petit arrêt au milieu de notre essai pour des prises de vue et puis… plus rien ! Plus de courant dans la GT6, un coup d’œil rapide sous le capot sera utile : une cosse de batterie desserrée, rien de grave. Le châssis guide bien l’auto et la ligne de la GT6 constitue l’essentiel de son charme : peu importe s’il s’agit d’une MKI, II ou III. Le 6 cylindres et ses 104 CV met rapidement en mouvement les 860 Kg de l’engin, avec suffisamment d’assurance pour l’envoyer dans la catégorie voiture de sport.

 

La GT6 de Bahman est une MKIII de 1972, affichée à environ Fr. 19'000.- . Peut être n’est elle pas bradée, mais le prix n’est pas fantaisiste non plus. Il faut considérer que beaucoup de propriétaires ont eu la mauvaise idée de transformer leur petit coupé en roadster, la version décapotable Spitfire avec le moteur 6 cylindres 2.0 n’ayant jamais existé. Une GT6 dans un tel état d’origine est aujourd’hui une véritable rareté. L’exemplaire de notre test est même encore muni de sa radio d’origine. Celui qui la remplacerait par un lecteur CD serait dans l’erreur. D’une part la mélodie du 6 cylindres est amplement suffisante, et d’autre part, l’insertion de CD dans le lecteur serait impossible à cause du positionnement de celui-ci juste en face du levier de vitesses.

 

Nous avons en tout cas apprécié le riche bourdonnement émis par la double sortie d’échappement et il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts en rêvant d’une autre possibilité d’acquisition de la belle. Quand on parle de GT6, il ne faut pas oublier son coté pratique. Bien que son hayon ne fasse pas de la petite bombinette un break, on peut quand même y transporter pas mal de chargement - surtout en comparaison avec la Spitfire – sans mettre en danger les autres usagers de la route ! C’est un bon argument… surtout si votre femme cherche à vous dissuader d’un tel achat… en tout cas, celle-ci est déjà loin !

 

Schmutz s'y connaît en petites anglaises : cette GT6 est top !

 

 

 

Tourne avec brio : le moteur Triumph

 

 

 

De la place pour les bagages : facile avec le hayon !

 

 

 

Remerciements à M. Strassle et Mlle Kämpf pour leur aide à la traduction.